HérosHérosHérosHérosHérosHérosHérosHérosHérosHérosHérosHérosHérosHérosHéros
Terre en crise: Parce que nous refusons de comprendre ...!
Cameroun -Crise
#BalanceTaPute: la chanteuse Mariah Carey accusée de harcèlement sexuels
Arnaque sur internet: 44 000€ escroqués par deux
Les nombreux silences coupables de Gon Coulibaly: la rhétorique victimaire et mensongère du Journal L’Expression
Le Citoyen Soul to Soul, otage de l’ingratitude cynique du régime Ouattara !
Cameroun: naissance du mouvement
Cameroon: Paul Biya libère les prisonniers anglophones
Les images de Marafa Hamidou Yaya pleuvent sur l'ambassade du Cameroun en France
Le Franc-Parler du Président Alpha Condé et la génération africaine émergente
Les panafricons
Fausses vidéos d'Alep: 5 personnes arrêtées en plein tournage en Egypte
Un garçon de 7 ans sauvagement battu et brulé vif à Lagos
Facebook côté démons: le faux profile d'un ComZone de la Seleka utilisé pour attiser la haine inter-réligieuse en insultant le Pape
Horreur: un Africain se fait agresser et arracher les yeux à Bruxelles pour des critiques politques sur facebook!

Terre en crise: Parce que nous refusons de comprendre ...!

Des boeufs gudaali dans un champs de mais au Cameroun

Nous connaissons tous des éleveurs, anciennement propriétaires de milliers de têtes de bétail aujourd’hui ruinés ! Nous connaissons tous des agriculteurs, des apiculteurs, naguère prospères et fiers, aujourd’hui réduits à la misère. Mais, qu’est ce qui n’a pas marché ? Dans nos visions plus ou moins rationnelles, nous nous plaisons à dire : « Ah ! Il ne respectait plus son « pacte » avec les esprits qui le rendaient riche… etc.».
 
En réalité, nous ne nous affranchissons pas de nos démissions ataviques de nos responsabilités. Pour le cas d’espèce, nous sommes fauchés par les réalités d’une économie de marché impitoyables ! L’économie de marché induit tout au moins deux facteurs décisifs : la compétitivité et le standard de vie.
 
Avec l’économie de marché, nous passons du MODE DE VIE au STANDARD DE VIE. J’illustre. Vivre dans son élément naturel, c’est un mode de vie. Se conformer à un style de vie, c’est un standard de vie. Manger du macabo c’est un mode de vie, opter pour du hamburger au lieu du plat de macabo quand on voyage en première classe, c’est épouser un standard de vie. Le standard de vie est donc la principale faucille de l’économie post moderne dans laquelle nous nous cloitrons encore par défaut de compétitivité. Et la compétitivité vient de l’innovation. Or nous tuons l’innovation au nom des choses anciennes et mortes !
 
En l’état actuel où se développe notre agriculture de SUBSISTANCE et notre élevage de façon SENTIMENTALE, ils ne s’arriment pas à l’économie de marché. Bien plus, ils sont même extérieurs à l’économie de marché.
 
Si l’élevage traditionnel obéit à des règles de gestions assez élaborées : composition des troupeaux en vue des objectifs –migrations/sédentarisations, (Christian Seignobos 2009). A l’évidence, l’ELEVAGE SENTIMENTAL a pour objet : l’honneur. La glorification du propriétaire des bêtes et dans une certaine mesure sert de “blanchiment d’argent” pour les “ÉLITES”. En l’état actuel, le marché du bétail est bien plus animé par des besoins séculaires des peuples éleveurs (composition, remodelage des troupeaux en vue de leurs stratégies arrêtées) que par la consommation des ménages. Donc c’est plus un « marché » qui fait passer le bétail d’un clan à un autre que tout autre chose. Ce qui est bien étranger à l’économie de marché qui lui parle de « performance » » et surtout de « maximisation du profit ». Il existe donc une sorte de « détournement » de l’objet même de l’élevage sentimental de l’honneur, du blanchiment vers la performance. Les mentalités ne suivent pas toujours les logiques économiques, ainsi, ici la performance provient d’autres facteurs comme le souligne Christian Seignobos : « Jouer sur les animaux, les choisir en fonction des parcours et des types de pâturage a jusqu’ici renforcé la performance des grands éleveurs ». Seulement, comme tout « détournement » cela ne mène pas bien loin, le spectre de la ruine est omniprésent chez les éleveurs.
 
Je nommerai « agropastorale hybride », cette agriculture et cet élevage de transition du sentimental/subsistance vers des productions de marché.
 
A bien regarder, le bétail en élevage sentimental et même hybride n’est qu’une forme d’EPARGNE tandis que l’agriculture de subsistance survit par un dégagement de l’EXCEDENT (surplus de la production). Il est établi qu’au Cameroun les paysans ne dégagent que 30% de leurs productions vers les marchés et auto consomment 70% de leurs productions.
 
Comme l’éleveur dispose d’une épargne livrable à tout moment, il est trompé par  l’illusion d’une puissance financière. Or être liquide ne veut pas dire disposer d’un capital. J’ai toujours soutenu que, si un berger, propriétaire d’une centaine de bœuf paye en amendes diverses entre 300 et 400 000 f CFA par an, en moins de cinq ans, il sera ruiné. De même un agriculteur, un apiculteur qui ne fait pas croître ses facteurs de productions proportionnellement aux enjeux et défis actuels et surtout à venir finira tôt ou tard sur la paille. Quand la SODECOTON se met aujourd’hui à la noix de cajou c’est le fruit d’une profonde observation stratégique où l’on retrouve les impacts négatifs de l’élevage traditionnel à la base : « Depuis quelques années, le nord du Cameroun, la RCA et, dans une moindre mesure, le Tchad conjuguent les crises…avec la dérégulation des élevages transhumants qui combine dégradation des espaces de parcours et insécurité, s’ajoute celle du coton qui fut pendant des décennies le pivot des agrosystèmes. .. la Sodécoton doit trouver des solutions et elle joue son va-tout sur de nouvelles spéculations et de nouvelles façons de travailler la terre. ». C. S.
 
Donc avec 100 bœufs, vous avez toutes ces charges de productions, alors si vous demandez au Monsieur de payer 300 000 f d’amendes pour les conflits agropastoraux par an, vous précipitez sa ruine qui de toutes les façons dans ces conditions sera inéluctable. Beaucoup découvrent la différence entre liquidité et capital à leurs dépens, avec grandes douleurs et amertumes! En élevage sentimental ou en mue, le bétail est certes capitalisable, mais il n’est pas en lui-même un CAPITAL, pour illustration, en 2006, un banquier me disait : « Hervé, nous ne pouvons accepter du bétail en garantie parce que nous savons que compte tenue des mentalités, un éleveur ne va jamais accepter que soit liquider son bétail. Il le fera se volatiliser dans la nature. Mieux il va en prison ! ». C’est tout dire.
 
De même, quand une récolte agricole est compromise à cause des conflits agropastoraux, vous privez l’agriculteur de cet excédent qui lui procure des revenus. Et c’est la raisons majeure pour laquelle les agriculteurs sont qualifiés de pauvres. Ils n’ont pas un capital humain riche, ne disposent pas de capitaux techniques, et enfin, les bœufs viennent raser le peu qu’ils arrivent à produire. Comment contrairement aux éleveurs avoir l’argent des bakchich dans ces conditions ? Tout le monde se neutralise, et personne n’avance.
 
Ainsi, les uns et les autres développent des stratégies compensatoires qui vont de l’endiguement des subventions aux activités plus véreuses.
 
En bref, l’agropastoral sentimental et même hybride ne fait pas la splendeur de son homme en économie de marché. Il faut des sources d’entrées plus ou moins licites complémentaires. Par exemple, Hamadou Abbo ne pouvait pas s’attaquer à moi s’il ne disposait ni de la possibilité de jouir de « l’Article 2 », ni de l’appui plus ou moins tacite des loups de la classe politique et administrative du Mbéré qui semblent résolus à exécuter systématiquement tout jeune qui émerge.
 
En effet, il existe de toute évidence un complot de certaines « ELITES » politique et administratives contre tous les jeunes qu’ils ne contrôlent pas, d’où leurs indifférences, leurs silences face à ce que Hamadou Abbo fait de mes entreprises. Ils ont leurs chapelles. Et soit tu y sacrifies, soit tu es pulvérisé ! Mais ce modèle qui se construit sur la haine, la destruction ne laisse transpirer que la MÉDIOCRITÉ de ceux-là qui croient qu’ils sont grands parce que les autres sont petits. Mais comment avoir peur des médiocres ? Le temps est venu pour la peur de changer de camp !
 
Ce complot contre la jeunesse réellement dynamique n’est qu’une articulation d’un complot plus vaste dont la seule finalité est de démontrer que « l’Homme Gbaya n’apporte rien dans le Mbéré ». Les autres articulations sont : l’atteinte à la mémoire collective du Mbéré. En effet, vous constaterez que dès qu’une éminence du Mbéré décède, tous les motifs (tantôt la religion, tantôt c’est « qu’il n’a rien fait ici »)  sont bons pour l’inhumer bien profond et lui et ses œuvres en catimini. L’autre articulation est la prédation foncière. Je reviens pour la deuxième fois dire qu’une sorte de fond d’investissement a été créé par quelques-uns ici afin de racheter toutes les terres aux Gbaya. Ce fond a à sa tête un chef d’établissement de la place. C’est une technique déjà vu ailleurs, en effet C. Seignobos nous apprend qu’après les années 1970, « La concurrence a pris une telle ampleur que chaque groupes d’éleveurs, mbororo comme peuls, cherche à acquérir des sortes de monopoles de pâturage auprès de villages autochtones, kotoko ou musgum. » Ils ne souffrent pas beaucoup dans le Mbéré puisque  les chefs traditionnels reniant les traditions et l’Histoire sont au nom de motifs inavouables soit bradeurs, soit complices plus ou moins actifs de la braderie des terres. En plus les « ELITES » sur lesquelles les populations devaient compter sont elles-mêmes chacune devant son comptoir de vente des terrains: regardez Nandeke ! La troisième articulation enfin concerne la représentativité. Lorsque nous nous battions contre la Réserve Foncière, un autre front avait été ouvert par d’autres « fils du Mbéré ». Mais prenez leurs actions et les noms sur leurs listes. Ils ne se sont focalisés que sur une seule communauté socio-religieuse. Le message porté en filigrane aux autorités est le suivant : « Nous sommes les seuls acteurs socio-économiques  du Mbéré. ». La finalité étant l’accaparement de tous les postes électifs donc la prédominance politique dans le Mbéré à terme. Je m’y étendrais davantage en d’autres lieux, mais retenons que de gros TRIBALISTES SANS SCRUPULES sont dans la place. Démasqués, ils vont crier que c’est moi le tribaliste. Contre eux, il y’a des PREUVES ! Qu’ils montrent leur liste de plaignant contre la Réserve Foncière, moi je montrerais mes documents qui n’ont recherché que l’harmonieux vivre ensemble. Prenez encore ce Comité de Développement du Mbéré que de très bonne foi Mr le Préfet a jugé pertinent de mettre sur pieds, il est déjà noyauté: naissance difficile, admis à la couveuse!Chose frappante, ce sont les « fils du Mbéré » tout au plus de première génération qui sont aux manœuvres. L’adage dit : « Ce sont les gens qui n’ont pas payé au bal qui y sèment le désordre. ». Ici les vrais fils du Mbéré se connaissent et se respectent. COMPLOT donc !
 
Dans la Vina où les éleveurs ont été bien plus proactifs et d’un dynamisme évident; bien en fait à tout le monde. Les éleveurs et les agriculteurs prospèrent. A Mbé, le bétail va en transhumance en saison des cultures, et ne revient qu’en saison sèche ; exactement le contraire dans le Mbéré ! Ailleurs on crée des symbioses, ici on crée des conflits ! Cette logique d’expansion par les conflits, n’est ni nouvelle, ni uniquement extra  ethnique. On la retrouve « Déjà dans les années 1930 et 1940 quand « Jaafun et Wodaa’be font pression sur l’administration coloniale pour refouler les Aku. Cette vague perturbatrice entraîne une multitude de conflits. J. Boutrais (1999) parle même d’un « front pastoral » entre Aku et Jaafun » (C. Seignobos 2009). Mais de la Vina au Mbéré, il y’a plus que la distance, il y’a une différence entre les acteurs de la filaire qui induit fortement une différence de mentalités. Certains sont viscéralement têtus ! Préférant déranger tout le monde au lieu de se policer : « Comment faire accepter aux éleveurs ce qu’ils ont toujours refusé : cultiver leurs pâturages ? Pourtant, depuis les années 1950, les pastoralistes sont à l’œuvre sur la dorsale centrafricaine. Mais jusqu’à présent, transhumants et agroéleveurs ont boudé les cultures fourragères et la conduite raisonnée, forcément complexe, de pâtures pour un élevage intensif. Dans le nord-ouest de la RCA, les parcelles de démonstration bien en vue près des villages, au bord des routes, n’ont jamais entraîné l’adhésion ni des uns, ni des autres. » (C. Seignobos 2009).
 
Dans le Mbéré, éleveurs et agriculteurs évoluent avec une tare commune : celle d’une vision illimitée des ressources. Le berger croit que les pâturages ne finiront pas, l’agriculteur croit que les terres sont toutes arables et ne finiront pas.
 
Techniquement parlant, les agriculteurs et les éleveurs sont tous enfermés dans des « Trappes à pauvreté », C'est-à-dire enfermés dans les cycles destructeurs : « Pauvreté des paysans-Destruction des ressources naturelles renouvelables-Accroissement de la pauvreté des paysans-Accroissement de la pression sur les ressources naturelles renouvelables jusqu’à extinction de ces dernières.». Là déjà, les éleveurs sont bien plus frappés : « La dégradation des pâturages est partout à l’œuvre, mais de façon accélérée. Les vétérinaires (J. Desrotour), les agrostologues (J.C. Bille) et les géographes (J. Boutrais) ont mis en évidence le lien entre surpâturage et embuissonnement principalement en zone humide et décrit précisément les processus qui y conduisent. » (C.Seignobos 2009).
L’élevage bien plus que l’agriculture est frappé par la « TRAGÉDIE DES COMMUNS. ». C’est à dire que l’arrivée de tout nouvel acteur dans le secteur produit des externalités négatives. C’est pourquoi vous trouverez ce domaine si hermétiquement fermé, cloisonné. Certes il y’a une survivance des « marchés claniques » mais c’est aujourd’hui surtout le besoin vital pour les « premiers occupants » de limiter la concurrence. Ici la « Tragédie des communs » n’est pas liée seulement à la rareté des ressources, mais aussi à la rareté des débouchées. Aussi pour équilibrer la demande et l’offre, des mécanismes plus ou moins rationnels, mais tous archaïques sont mis en place pour limiter les nouveaux entrants. Prenez juste la liste des promoteurs de l’Agropôle de bœuf du Mbéré, de quoi encore crier au TRIBALISME, c’est tout comme ce qui est reproché au PDG de DOVV ! ça se gère en « famille ». Nous d’abord, ensuite nous, et s’il y’a un reste, encore pour nous!…très éloquent.
 
Un berger ne pouvant donc vivre dans une économie de compétition a un besoin existentiel de ruse. En effet, la ruse est l’élément déterminant de sa survie. Par la ruse, il préfère faire un gros investissement (un ou deux bœufs) à l’endroit des autorités compétentes, et ses dégâts à l’encontre de quiconque, surtout des agriculteurs sont classées pour des années ; il fera croire aux autorités compétentes qu’il leur a donné des bœufs, mais en réalité, il ne leur montre que des bœufs qui subitement « disparaitront » une fois l’autorité affectée ailleurs. L’autorité est dupe de sa naïveté. Il leur faut de la ruse pour « capter » le bétail des autres. En effet, la plupart de grands « propriétaires », ne sont que les gardiens des bœufs des autres. Il lui faut de la ruse pour étendre le filet « politique » qui le met à l’abri des soucis parce qu’il doit autant que possible éviter les paiements en espèces. Le défaut de ruse, ou alors une ruse négative le conduira au vol de bétail, à couper la route, à kidnapper contre rançons, etc. Un tour au Parquet vous donnera une visibilité sur la prédominance d’un certain groupe sociologique en matière de grande criminalité dans la région. Cette criminalité est appelé à s’accentuer si vous y intégrez les données compris dans le Rapport du Département d’Etat Américain (2014) relatif au « stress démographique chez les Bororos». On s’y rend compte que la population croît plus vite que les ressources (bœufs), Malthus y parle en échos: « les populations tendent à s’accroitre de façon géométrique (1, 2, 4, 8, 16…) alors que les moyens de subsistance ne peuvent croitre que suivant une progression arithmétique (1, 2, 3, 4, 5…). »; par conséquent les aînés violant les règles de règlement des successions  s’accaparent de tout le bétail de successions (Asliiji, Tawaturji)! Surtout quand ils sont des « ELITES », lésant les cadets qui n’ont plus que la machette, le marteau, puis la Kalachnikov pour se constituer une fortune « Révolte des cadets » dit-on !
 
C’est aussi et surtout cette « Révolte des cadets » la principale raison des courses poursuites entre bergers en brousse, en effet, on note « La stratégie des Zargina (coupeurs de routes, bandits de grands chemins NDLR) évolue avec le temps, passant de coupeurs de route au kidnapping d’enfants, puis d’aînés de lignage. Les rançons, indexées sur la taille des troupeaux de la famille, vont conduire, sur presque deux décennies (1990-2007) à une décapitalisation et à une destruction des élevages mbororo. Cela aura pour conséquence une fuite en avant vers l’Est, pour les mieux organisés vers le Soudan et le nord du Congo, ou alors un retour vers le Cameroun, voire le Nigeria, à contre courant des anciens couloirs de migration, et ce avec ou sans bétail. Les semi sédentarisés ont fui au Cameroun, massivement entre 2006 et 2007. Les Mbororo perdaient ainsi leur paradis pastoral où l’herbe ne finit jamais (hu’do timmata) (Seignobos, 2008). Ils découvrent au Cameroun de nouveaux pâturages auxquels leurs troupeaux se montrent peu préparés. Ils subissent la sécheresse de 2007 et encore celle de 2009 et perdent beaucoup d’animaux. »
 
Voici prouvé que quand ils fuient Ngaoui pour Meiganga, il n’y a pas que les Anti-Balaka ou les Séléka à leurs trousses, il y’ a aussi les ayants droits lésés par des aînés plus puissants. Là donc se trouve le mobile de la transhumance et de l’insécurité : « Les mêmes troubles qui ont accablé les communautés mbororo de RCA, le fitina zargina, vont alors toucher celles du Cameroun. » (C. Seignobos 2009).
 
Il n’y a pas de poisse sans feux ! « Dans les années 2000, on assiste à la reproduction des mêmes insécurités que dans le Mbéré, avec enlèvements d’enfants. … En 2006, les kidnappings d’enfants sont multipliés par trois. » (C. Seignobos 2009). En 2014, ce sera le « charnier de Dir ». Rien d’autre qu’un chapelet de malheur et de poisse égrené tout au long des sentiers de transhumances. Donc bien souvent ces prévaricateurs de terrains, ces fauteurs de troubles à l’ordre publique, ces assassins d’entreprises ne sont que des porte-poisse transhumants de pays en pays avec querelles, guerres, deuils, misère… ont commencé dans leurs propres familles  par voler à leurs propres frères ce bétail paternel dont ils se vantent ! Ce qui est choquant est que tout ce qui est fait pour nous détruire ne prospèrera pas durablement : « Contrairement à ce qu’il est admis, la sédentarisation des Mbororo représente pour une majorité d’entre eux, une contrainte et non la recherche d’un cadre de vie plus enviable. ». C’est dire que ce ne sont que des installations précaires, tout comme en RCA.
 
Le milieu de l’élevage traditionnel et hybride est un milieu d’une violence extrême que ne temporise que des éléments socio-culturels tel le « poulako » ou encore le fatalisme religieux. Les escroqueries et autres roublardises y sont légion, la fourberie est omniprésente, la duperie y est plus abondante que le foin, la félonie y a fait son nid.
 
L’élevage traditionnel et hybride, tout comme l’agriculture de subsistance ne sont que des formes de stockage. Des épargnes. Il nous manque plusieurs facteurs compris sous les vocables de : « techniques » et de « technologie » pour effectuer le saut qualitatif et quantitatif vers la performance et donc la compétitivité. Et au lieu de se mettre ensemble pour regarder dans la direction du développement, on se met l’un face à l’autre pour une empoigne ridicule, stérile, et exactement contre-productive à tous égards. Mais la réalisation du COMPLOT vaut mieux que le Développement n’est-ce pas ?!
 
Vous voyez au Cameroun, nous aimons l’entreprenariat de la mode. Surtout les fonctionnaires qui ne sont pas tous aussi malins que ne le laissent croire leurs diplômes et autres grades. L’entreprenariat de la mode c’est quand on dit : « les mini cités payent ! »…tout le monde se met à construire des mini cités. On dit « les calls box payent ! ». Tout le monde ouvre un call box ! Etc. Aujourd’hui quelqu’un a dit dans le Mbéré : « le ranch paye ! ». Alors tout le monde se met à vouloir se constituer un ranch. C’est donc une course effrénée aux espaces plus ou moins vacants, et en foutant un bordel aux répercussions incalculables ! Juste pour s’assoir dans un salon huppé et dire « je dispose de 100 ha de ranch à Bounou… »...mais à quel prix???
Si le succès de l’élevage tenait aux vastes espaces des ranchs, la SODEPA aurait meilleure figure
Juste un point : si le succès de l’élevage tenait aux vastes espaces des ranchs, la SODEPA aurait meilleure figure.
 
Un fonctionnaire au Cameroun peut devenir EXCEPTIONNELLEMENT un investisseur à long terme (je ne parle pas des marchés plus ou moins fictifs) simplement parce que ces gens volent tellement qu’ils deviennent à terme INCAPABLES DE PESER LA DÉPENSE ! La cleptomanie les rend  INSENSIBLES A LA DÉPENSE ! C’est donc là où Dieu les attrape ! Et quand même il est un honnête citoyen, l’investissement n’est pas un hobby, c’est un MÉTIER à PLEIN  TEMPS! Il va trouver le temps où ? Aussi, leurs fins sont toutes pareilles : des grosses voitures garées d’abord pour défaut d’entretiens, puis bradées aux mécaniciens du coin, des grosses villas que l’on brade parce qu’on ne peut plus les entretenir... Bref, ces « ÉLITES » finissent bien par ravaler cette arrogance qu’ils n’acquièrent que sur le dos du peuple. Ce n’est qu’une question de temps, ce second nom de Dieu.
 
Aujourd’hui je suis personnellement amusé quand je vois les gens se débattre vers un élevage hybride sans regarder plus loin. Nous sommes très loin d’avoir notre bœuf style « bœuf Kobe ». Et pour cause : nous n’imaginons pas, nous ne projetons pas, nous ne suivons que les sentiers battus, dépassés que nous proposent des agences de gouvernements occidentaux ou des consultants défraîchis.
 
Par exemple quand l’on me parle des Agropoles, que ce soit en élevage ou en agriculture, je ris ! Je ris pour la simple raison que je me demande : « mais ces gens n’ont pas vu où ont menées jusqu’ici les monocultures ? Ces gens ne comprennent-ils pas que la monoculture rime avec un monopole qu’ils n’auront plus avant très longtemps ? ». Mais, bon c’est la mode…alors on marche sur les orteils des « petits » pour être à jour pour l’agropole de bétail, super !
 
En agriculture de subsistance comme celle que nous développons ici dans le Mbéré, l’agriculteur ne vend que le surplus de sa production pour acquérir des biens et services qu’il ne peut lui-même produire. Son rapport à son environnement est tel qu’il ne peut rester au contact de la « civilisation » qu’autant que le surplus de sa production le lui permet. C’est-à-dire que s’il est capable de produire un surplus capable payer les frais d’établissement de carte nationale d’identité, de payer les factures d’hôpitaux, d’acheter de la tomate, du cube, du sel, de s’offrir une toiture en tôle, de payer un branchement et des factures d’électricité de scolarisation des enfants …alors il reste en ville. Mais dès qu’il ne peut plus supporter ce rapport, il décroche et prétend aller en brousse cultiver. En réalité, il repli vivre de la chasse et de la cueillette. Les « ÉLITES » ne l’y suivront que pour « acheter » son vote contre du …sel. Un bon bétail électoral !
 
L’agriculture de subsistance perdure chez nous parce que nous n’avons pas introduit de culture de rente, et parce que l’État depuis la colonisation n’a jamais jugé pertinent d’initier l’homme rural d’ici aux techniques d’agricultures scientifique.
 
Les agriculteurs sont absolument abrutis par le contact avec l’économie de marché ! Vous les retrouvez errants de brousses en brousses. Avec juste des « ressources de peines et de conflits ». C’est-à-dire ils n’ont que de quoi payer les diverses amendes qui peuvent leur tomber dessus, ils n’ont que de quoi se payer les transports pour les deuils, les funérailles.
 
Le problème est que ce ne sont pas les bœufs qui font et défont la société, mais ce sont bel et bien les Hommes qui font et défont la société. Et l’agriculture impacte sur bien plus de personnes que l’élevage même seulement en termes d’emplois.
 
Ce n’est pas dire qu’il faille exclure l’élevage de nos contrées, non. C’est dire qu’ils existent des façons bien plus intelligentes que les nôtres de pratiquer l’élevage et l’agriculture, bref il existe des façons bien plus intelligentes d’assoir un véritable vivre ensemble orienter vers le progrès de tous. Car ton voisin que tu ruines aujourd’hui est une lame tranchante que tu poses sur la gorge de la Nation.
 
La réalité de nos jours est qu’il existe des Gbaya éleveurs, et bien souvent ce sont des Peuhls qui nous vendent des produits des champs et même de la cueillette (champignons), domaine naguère réservé des Gbaya. J’ai d’ailleurs proposé à un aîné du groupe LMD [LMD ou Le Mbéré Dynamique est un groupe WhatsApp qui regroupe les personnes originaires du Département du Mbéré ] qu’il serait bien de mettre en place des projets intégrateurs et fédérateurs. Parce que nous sommes condamnés à vivre ensemble, alors au lieu de développer toujours des projets « spécifiques » aux tribus, nous pouvons améliorer l’harmonieux vivre-ensemble avec de tels projets. Bon, déjà que à cause de ce Hamadou Abbo* j’ai été exclu du groupe Watsap de LMD (je ne regrette pas d’ailleurs, trop d’hypocrisies par là-bas!), ensuite, je crois que je peux garder mes « projets intégrateurs » pour moi.
 
Nous vivons les mêmes réalités sous le soleil de ce Cameroun berceau de nos ancêtres. Seulement, un peu d’intelligence ne nous ferait pas de mal. Beaucoup moins de haine, d’envie de détruire l’autre ne nous ferait pas de mal. Ce mal qui suinte des «ÉLITES » politique et administrative de ce Département nous conduit à une catastrophe certaine. Il est temps pour ces gens de comprendre qu’ils n’ont pas affaire à un « dossier », mais à des êtres humains. Ils doivent comprendre une fois pour toute qu’ils ne sont pas aux affaires pour y puiser de la sueur du contribuable et venir nous écraser ici. Ils sont aux affaires pour servir la Nation, qu’ils laissent ceux qui ont pour vocation la création des richesses faire leur travail.
 
Si le PMUC fait si peu de millionnaires, c’est parce que les issus des courses sont incertaines pour les parieurs. Il est vrai que pour ceux qui ont vendu leurs âmes en utilisant leurs derrières comme guichets, le chaos est perçu comme une échelle, mais même à cette échelle, rien n’est gagné.
 
Je suis un militant de longue date du RDPC. Je me joins à Saint-Eloi Bidoung pour dire : « Le problème de mes camarades est qu’ils ont versé de l’eau sur la flamme…La lumière apporté par le président national s’est évanouie et ceux qui se prévalent « rdpcistes » au sein de la haute administration s’activent pour que la flamme ne rougeoie plus, mais que le feu couve sous la cendre. ». Des militants de l’estomac et du sel….
 
« C’est quand le mal semble invincible, quand l’obscurité devient des plus épaisse que Luit la Justice de Dieu et qu’est abattu sans un seul secours le mauvais. ».
 
Parce que nous ne voulons pas comprendre, nous allons nous enfoncer dans la misère dont le fond obscure ne tarit point d’horreurs.
 
Arrêtes ce que tu fais là, quitte sur mon terrain !........Chapitre I, paragraphe I (tout juste).
 
Référence : "Changer l’identité du bétail ? Modifier ou enrichir les pâturages ? Le nouveau dilemme des ´éleveurs Mbororos, Cameroun, RCA et Tchad." par Christian Seignobos 2009.
 
*Hamadou Abbo est un ressortissant du département camerounais du Mbéré avec lequel l'auteur est en conflit foncier; Le premier a élevé des prétentions sur une parcelle appartenant au second et qu'il a déjà mis en exploitation. 
Écrit par Pierre Hervé Madougou Yagong

Le capitaine Guerandi Mbara